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15 janvier 2020

Enquête IFSTTAR/FONDATION MAIF : Un conducteur sur quatre s’est fait peur au volant avec son smartphone en 2019

Selon cette dernière étude, l’utilisation du Smartphone au volant occasionne des risques importants malgré les actions de la Prévention Routière et la peur  du gendarme. Témoin, si l’on  y croit, 49% des conducteurs français reconnaissent avoir utilisé leur smartphone alors qu’ils conduisaient au volant en 2019. Pire, ce taux ne cesse d’augmenter : plus 10 points depuis 2016 ont été gagnés en moins de quatre ans. Le baromètre met également en avant une multiplication des usages les plus complexes et les chiffres dévoilés soulignent une grande prise de risques.

Cette étude montre également que le développement des smartphones rime  avec montée en puissance des usages de plus en plus complexes.  Alors que l’entrée en application de la loi d’Orientation des Mobilités (LOM), votée le 19 novembre dernier prévoit un durcissement des règles (suspension ou rétention du permis de conduire pour les conducteurs commettant une infraction en ayant leur téléphone en main). Malgré cette sévérité, les conducteurs français ont du mal à se passer de leurs mauvaises habitudes. Tenu à la main en conduisant, dans les bouchons, en GPS ou en mains-libres, le smartphone est devenu, un outil indispensable lors de leurs déplacements.

Une utilisation poussée malgré une législation de plus en plus sévère

Selon ce baromètre, la part des conducteurs qui utilise son smartphone au volant est en perpétuelle augmentation, année après année : 39% en 2016, 43% en 2017, 46% en 2018 et 49% en 2019. Pour autant, ce non-respect  de l’usage dépend de l’âge : 60 % des moins de 45 ans et jusqu’à 65% des 25-34 ans. ) Et varie en fonction du kilométrage parcouru (60% de ceux qui font plus de 15 000km/an).

Autre enseignement, une complexification des usages qu’en font les conducteurs en 2019. On note que les conversations (43% des conducteurs) ne sont plus l’usage principal du téléphone au volant : 48% des chauffeurs l’utilisent pour d’autres raisons. 37% des conducteurs ont reçu ou envoyé des messages, dont 36% des SMS, 23% des messages instantanés, 19% des emails. 1 conducteur sur 5 surfe sur le net derrière son volant et 36% utilisent ce terminal comme GPS. Wase serait-il passé par là ?

Le pire est à noter, quand on sait que selon cette enquête, 66% des conducteurs qui ont reçu des messages en 2019 ont reçu des messages complexes, c’est-à-dire qui combinent du texte et des photos ou des vidéos, 55% en ont envoyé et 48% ont échangé des messages en groupe.

Pourtant les dispositifs de sécurité se développent de plus en plus. Et l’an dernier, le smartphone était de plus en plus utilisé en mains-libres : 95% des conducteurs qui utilisent le téléphone au volant reconnaissent l’avoir exploité au moins occasionnellement à travers une forme de mains-libres. Pour autant, les kits mains-libres intégrés, qui sont les plus compatibles avec une conduite sécuritaire, restent sous-utilisés sachant que Seuls 65% des conducteurs qui téléphonent les utilisent au moins occasionnellement, et 46% le font fréquemment. Ces chiffres varient, il est vrai, en fonction des profils : le téléphone est bien plus souvent posé sur un support pour les plus jeunes (84% des 18-24 ans) et ceux qui conduisent moins (66% de ceux qui font moins de 10 000km/an). En revanche, l’usage du kit mains-libres intégré augmente avec l’âge, car les conducteurs sont mieux équipés, et avec les kilomètres (77% de ceux qui font plus de 15 000 km/an).

Cette étude conduite chaque année montre que près de la moitié des conducteurs (47% en 2019) avouent avoir fait tomber leur téléphone en conduisant au moins une fois dans l’année. Un résultat que l’on peut mettre en regard avec les usages de plus en plus complexes, mais qui témoigne également de l’inadaptation de certains équipements téléphoniques avec la conduite. Sans surprise, 70% des 18-24 ans, généralement moins bien équipés en kits intégrés, ont fait chuter leur smartphone au volant en 2019.

Autrement plus inquiétant, 25 % des conducteurs avouent s’être déjà fait peur en utilisant leur smartphone au volant de sa voiture. Les moins de 45 ans, les grands rouleurs et les professionnels sont plus touchés, ce qui pourrait s’expliquer par leur usage plus important des fonctions complexes du téléphone … tout comme un équipement inadapté et une faible expérience de la conduite pour les 18-24 ans : 46% d’entre eux se sont fait peur en 2019.

Selon Marie-Pierre Bruyas, chercheur à l’IFSTTAR, qui analyse les résultats du baromètre, « le nombre de conducteurs qui utilisent leur téléphone au volant augmente d’année en année, pour des usages de plus en plus complexes. Cette tendance est très préoccupante au vu de la dangerosité de certains comportements. En effet, toute manipulation qui implique de longs détournements du regard augmente fortement le risque d’accident. On peut regretter que les commandes vocales et les dispositifs mains-libres restent encore sous-utilisés, car ils permettent de limiter les comportements les plus dangereux. A cet égard, faire tomber son téléphone en conduisant ou bien se faire peur en l’utilisant sont très liés au type de dispositif utilisé. En effet, ceux qui se font le plus peur au volant sont ceux qui utilisent les fonctions les plus complexes de leur téléphone et les plus jeunes qui ont souvent un matériel peu adapté à la conduite ».

Quand cette étude aborde la dernière mesure gouvernementale qui permettrait de retenir le permis de conduire d’une personne avec son smartphone à la main tout en commettant une infraction, l’on se rend compte que seul un tiers des sondés la connaissent, avec un pic à 60% pour les conducteurs professionnels. Une mesure globalement mal acceptée avec une note d’adhésion de 5,7 sur 10.

Revenant sur cette étude, Marc Rigolot, Directeur Général de Fondation MAIF, observe : « malgré la règlementation et les campagnes de communication sur le risque lié à l’usage du smartphone au volant, les pratiques [à risque] ne cessent de croître. C’est particulièrement inquiétant lorsque l’on constate que les usages nécessitent de plus en plus de manipulations et des regards sur l’écran, plus dangereux. Même si les systèmes main-libre intégrés qui  permettent de limiter ces phases d’inattention progressent, ces tendances restent préoccupantes ».

Méthodologie : cette  étude a été réalisée du 20 juin au 14 juillet 2019 par l’IFSTTAR grâce au financement de la Fondation Maif sur un échantillon représentatif de la population française de 2525 personnes âgées entre 18 et 65 ans.