Baromètre des métiers du risk management 2026 : l’intelligence artificielle transforme une profession en pleine évolution
Le métier de risk manager poursuit sa transformation. Selon le Baromètre des métiers du risk management 2026 publié par l’AMRAE, les professionnels du risque interviennent désormais sur un périmètre toujours plus large, marqué par la montée en puissance de l’intelligence artificielle, des enjeux géopolitiques, de la gestion de crise et des problématiques de résilience. L’étude, réalisée auprès de 142 risk managers, met en évidence une profession qui consolide son rôle stratégique au sein des organisations tout en renforçant son implication dans les instances de gouvernance.
03 / 11 / 2026
L’édition 2026 met en lumière une évolution majeure : l’intégration rapide des sujets liés à l’intelligence artificielle dans les missions des professionnels du risque. Trois quarts des répondants déclarent désormais travailler sur ces thématiques, contre 43 % lors de la précédente édition. Dans le même temps, 71 % des risk managers expriment un besoin de formation complémentaire sur l’IA et la donnée, soit près du double du niveau observé en 2024.
Cette progression confirme que l’intelligence artificielle ne constitue plus un sujet émergent mais un enjeu structurant pour la profession. Les réponses recueillies montrent également que cette montée en compétences concerne aussi bien les profils expérimentés que les nouveaux entrants.
Un périmètre de missions toujours plus large
Les activités d’Enterprise Risk Management (ERM) demeurent le socle du métier. Elles concernent 81 % des répondants. Les missions liées aux assurances et à la prévention occupent également une place importante puisqu’elles concernent 61 % des professionnels interrogés.
Parallèlement, la fonction continue de s’élargir. Plus d’un risk manager sur deux intervient désormais sur les sujets de gestion de crise et de continuité d’activité. D’autres domaines gagnent également du terrain, comme le contrôle interne, exercé par 34 % des répondants, ou encore la conformité, présente dans le périmètre de 25 % des professionnels.
Cette évolution traduit la nécessité pour les organisations d’adopter une approche globale des risques, intégrant aussi bien les dimensions opérationnelles, réglementaires que stratégiques.
Les risques cyber et géopolitiques dominent les préoccupations
Les risques cyber restent la principale préoccupation des risk managers. À horizon deux ans, ils figurent dans le top 5 des risques pour 87 % des répondants. Les risques stratégiques, géopolitiques et ceux liés à la chaîne d’approvisionnement complètent les principales préoccupations à court et moyen terme.
À horizon dix ans, les enjeux géopolitiques prennent une place encore plus importante. Ils sont cités par 61 % des répondants, devant les risques environnementaux et climatiques. Les sujets liés à la réglementation demeurent également présents parmi les préoccupations de long terme.
Les résultats montrent par ailleurs que 65 % des risk managers travaillent déjà activement sur les questions géopolitiques, confirmant leur intégration progressive dans les pratiques de la fonction.
Une fonction davantage intégrée à la gouvernance
Le baromètre souligne également le positionnement stratégique croissant du risk management. La moitié des répondants déclarent disposer d’un contact direct avec la direction générale. Chez les « Top Risk Managers », cette proportion atteint 75 %.
La participation aux instances de gouvernance progresse également. Les professionnels du risque siègent régulièrement au sein des comités des risques, des comités exécutifs, des comités d’audit ou encore des conseils d’administration. Cette présence traduit le rôle grandissant du risk management dans l’accompagnement des décisions stratégiques.
Des budgets et effectifs globalement stabilisés
Après plusieurs années de progression, la fonction entre dans une phase de consolidation. Les effectifs demeurent stables pour 78 % des répondants et les budgets pour 67 %. Plus de la moitié des professionnels interrogés considèrent toutefois disposer de moyens adaptés à l’exercice de leurs missions.
Cette stabilité n’empêche pas une progression des rémunérations. La rémunération fixe médiane atteint 96 000 euros en 2026, contre 90 500 euros lors de la précédente édition. Par ailleurs, 77 % des répondants indiquent avoir bénéficié d’une augmentation salariale au cours des deux dernières années.
Une profession tournée vers la résilience
Au-delà des données chiffrées, cette édition du baromètre traduit l’évolution profonde des métiers du risk management. L’intelligence artificielle, la résilience, la gestion de crise, les enjeux climatiques et les risques géopolitiques redessinent progressivement les contours de la profession. Dans un environnement marqué par l’incertitude, les risk managers voient leur rôle se renforcer au croisement de la stratégie, de la gouvernance et de la performance durable des organisations.