Baromètre de la confiance des ETI : les dirigeants font face à un retour marqué de l’incertitude
Après le rebond observé à la rentrée, la confiance des dirigeants d’ETI recule fortement en octobre 2026. C’est l’un des principaux enseignements du Baromètre Grant Thornton – OpinionWay – Challenges de la confiance des dirigeants d’ETI. Dans un contexte marqué par les incertitudes économiques, les tensions géopolitiques et les débats autour des finances publiques, les entreprises se montrent plus prudentes. Cette défiance se traduit notamment par des investissements reportés ou réduits, ainsi que par des perspectives d’emploi toujours orientées à la baisse.
04 / 11 / 2026
En septembre 2026, la confiance des dirigeants envers leur propre entreprise avait connu un net rebond. Cette amélioration n’a toutefois pas duré. En octobre, seuls 65 % des dirigeants se déclarent confiants pour les six prochains mois, soit une baisse de 11 points en un mois. Le niveau de confiance revient ainsi à un niveau proche de celui observé avant l’été.
La confiance envers l’économie française recule encore davantage. Elle passe de 28 % en septembre à seulement 15 % en octobre. Désormais, 85 % des dirigeants se déclarent inquiets quant aux perspectives économiques nationales. La confiance dans l’économie mondiale suit la même tendance et s’établit à 23 %, contre 28 % un mois auparavant.
Les entreprises du secteur des services apparaissent particulièrement fragilisées. Seuls 13 % de leurs dirigeants se montrent confiants dans l’économie française et 11 % dans l’économie mondiale.
Une visibilité limitée sur les prochains mois
Les perspectives demeurent difficiles à anticiper pour de nombreux dirigeants. Seuls 54 % estiment disposer d’une bonne visibilité pour piloter l’activité de leur entreprise au cours des douze prochains mois. Parmi eux, seulement 4 % considèrent bénéficier d’une très bonne visibilité. À l’inverse, 46 % déclarent disposer d’une visibilité faible ou très faible.
Cette situation influence directement les décisions stratégiques des entreprises. Face aux incertitudes actuelles, 43 % des dirigeants indiquent avoir modifié leurs projets d’investissement. Plus précisément, 24 % les ont reportés et 14 % les ont réduits. Au total, 38 % des entreprises déclarent ainsi ralentir leurs investissements.
Les tensions internationales en tête des préoccupations
Le contexte international constitue aujourd’hui la principale source d’inquiétude des dirigeants d’ETI.
Parmi les sujets susceptibles d’influencer leurs décisions d’ici la fin de l’année 2026, 78 % citent le contexte économique international et 70 % les tensions géopolitiques. Les préoccupations nationales restent elles aussi importantes : 63 % évoquent l’instabilité budgétaire ou fiscale et 62 % l’instabilité politique en France.
Les enjeux liés à la gestion de l’entreprise arrivent derrière ces préoccupations macroéconomiques. La pénurie de compétences est citée par 45 % des dirigeants, les réglementations imprévues par 44 % et les cyberattaques par 43 %. L’accélération des transformations technologiques et de l’intelligence artificielle inquiète quant à elle 31 % des répondants.
La rentabilité devient la priorité numéro un
Dans cet environnement incertain, les dirigeants privilégient la sécurisation de leur activité plutôt que les stratégies de croissance.
L’amélioration de la rentabilité et la préservation des marges constituent la priorité principale pour 37 % des entreprises. La protection de la trésorerie et de la capacité d’investissement arrive en deuxième position avec 24 %.
Les objectifs de développement apparaissent plus secondaires. Seuls 13 % des dirigeants placent l’accélération de la croissance commerciale en tête de leurs priorités. L’investissement dans l’innovation et l’intelligence artificielle ainsi que le recrutement recueillent chacun 8 % des réponses. Le développement international et les opérations de croissance externe ne représentent que 2 % des priorités exprimées.
Un marché de l’emploi toujours sous tension
Les intentions d’embauche restent limitées. Pour les six prochains mois, 11 % des entreprises prévoient d’augmenter leurs effectifs tandis que 13 % envisagent de les réduire. Le solde d’emploi demeure donc négatif à -2 points, après -3 points en septembre.
Cette situation illustre la prudence des dirigeants face à un contexte économique jugé instable. Le recul de la confiance, la réduction des investissements et la faiblesse des projets de recrutement témoignent d’un climat d’attentisme qui pourrait peser sur l’activité des ETI dans les prochains mois.