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Prévention des risques professionnels : quelles actions permettent de réduire les accidents du travail ?

La prévention des risques professionnels joue un rôle clé dans la réduction des accidents du travail. C’est l’un des principaux enseignements d’une étude publiée par la Dares, qui analyse les liens entre les actions de prévention mises en œuvre dans les entreprises et l’évolution de la sinistralité entre 2014 et 2018. L’étude montre que certaines mesures, notamment l’amélioration des équipements de protection, le recours à une expertise extérieure ou encore la prévention des risques psychosociaux, s’accompagnent d’une baisse significative des accidents du travail. Elle souligne également l’importance du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et du dialogue social dans la prévention des risques.



Dans le secteur privé hors agriculture, l’indice de fréquence des accidents du travail avec arrêt s’établit à 3,9 accidents pour 100 salariés en 2014, puis à 3,6 en 2018. Tous les secteurs ne sont cependant pas exposés de la même manière.

La construction affiche les niveaux de sinistralité les plus élevés. Les services sociaux, sanitaires et éducatifs présentent également un nombre d’accidents supérieur à la moyenne. Les très petites structures apparaissent particulièrement exposées dans ces secteurs, notamment les établissements de moins de dix salariés.

Les risques physiques restent les plus fortement associés aux accidents

L’étude met en évidence un lien direct entre l’exposition à certains risques professionnels et la fréquence des accidents du travail.

Les accidents sont notamment plus nombreux dans les établissements où les salariés sont exposés à la manutention manuelle de charges lourdes ou à des postures pénibles. Le travail de nuit, les températures extrêmes ou encore les bruits et vibrations mécaniques sont également associés à un niveau de sinistralité plus élevé.

Les risques psychosociaux jouent aussi un rôle. Les tensions entre collègues, avec la hiérarchie, la clientèle ou le public, ainsi que le travail dans l’urgence, s’accompagnent d’une augmentation du nombre d’accidents, même si cet effet reste moins marqué que pour les risques physiques et organisationnels.

La prévention fait reculer les accidents du travail

Les résultats montrent que la mise en place de nouvelles actions de prévention produit des effets positifs sur la sécurité au travail.

Entre 2014 et 2018, l’indice de fréquence des accidents a diminué de 0,5 point dans les établissements ayant déployé au moins une nouvelle action de prévention. À l’inverse, il a progressé dans les structures n’ayant mis en place aucune mesure nouvelle.

L’impact apparaît particulièrement important dans les petites entreprises. Dans les établissements de moins de dix salariés, la fréquence des accidents recule de 1,1 point lorsque de nouvelles actions de prévention sont engagées.

Les équipements de protection et l’expertise extérieure parmi les mesures les plus efficaces

Toutes les actions de prévention ne produisent pas les mêmes résultats.

L’étude identifie la mise à disposition de nouveaux équipements de protection individuelle comme la mesure la plus fortement associée à la baisse des accidents du travail. Le recours à une expertise extérieure et la mise en œuvre d’un nouveau plan de prévention figurent également parmi les dispositifs les plus efficaces.

La formation à la sécurité, la modification de l’organisation du travail ou l’amélioration des locaux et équipements contribuent également à réduire la sinistralité, même si leur impact apparaît plus modéré à court terme.

Prévenir le stress contribue aussi à la sécurité

La prévention du stress et du mal-être au travail produit elle aussi des effets positifs.

Les établissements ayant déployé des actions spécifiques dans ce domaine enregistrent une diminution de la fréquence des accidents du travail de 0,4 point entre 2014 et 2018. Les résultats sont particulièrement favorables lorsque les entreprises ont réalisé un audit externe dédié aux risques psychosociaux. Les procédures de résolution des conflits, l’aménagement des horaires de travail ou la formation des managers s’accompagnent également d’une réduction des accidents.

Le DUERP et le dialogue social renforcent l’efficacité de la prévention

L’étude souligne enfin l’importance du document unique d’évaluation des risques professionnels et des instances représentatives du personnel.

Dans les établissements de moins de 50 salariés, l’actualisation régulière du DUERP, la présence d’instances représentatives ou d’un comité dédié à la santé et à la sécurité sont associées à une baisse plus importante des accidents du travail. À l’inverse, l’absence de nouvelles actions de prévention combinée à un DUERP non actualisé s’accompagne d’une hausse marquée de la sinistralité.

Ces résultats confirment que la prévention des risques professionnels repose sur une démarche globale associant évaluation des risques, actions concrètes de prévention et dialogue social. Une stratégie qui contribue non seulement à protéger les salariés, mais aussi à réduire durablement les accidents du travail.

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