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Défaillances d’entreprises : un ralentissement de la hausse au troisième trimestre 2026, mais une fragilité toujours forte

Après plusieurs années de progression soutenue, les défaillances d’entreprises connaissent une forme d’accalmie au troisième trimestre 2026. Selon la dernière étude d’Altares, 14 652 procédures collectives ont été ouvertes entre juillet et septembre, soit une hausse limitée à 0,5 % sur un an. Derrière cette quasi-stabilisation, les entreprises françaises restent toutefois confrontées à des fragilités financières importantes, avec près de 72 000 défaillances recensées sur douze mois glissants, un niveau inédit.



Le troisième trimestre 2026 marque un tournant dans l’évolution des défaillances d’entreprises en France. Avec 14 652 procédures ouvertes, la progression se limite à 0,5 % par rapport à la même période de 2025. Ce rythme n’avait plus été observé depuis la fin de la crise sanitaire.

Cette évolution contraste avec les fortes hausses enregistrées depuis 2022. Après des augmentations comprises entre 30 % et 40 % en 2022 et 2023, puis encore supérieures à 15 % en 2024, la dynamique ralentit fortement. Pour autant, le volume global demeure historiquement élevé puisque près de 72 000 entreprises ont fait défaut sur les douze derniers mois.

Les petites entreprises restent les plus exposées

Les structures de moins de trois salariés concentrent à elles seules 75 % des procédures collectives. Elles enregistrent 10 960 défaillances sur le trimestre, en hausse de 2,9 %. À l’inverse, les entreprises de 10 à 49 salariés affichent une amélioration plus marquée, avec un recul sensible des défauts.

L’étude souligne également la vulnérabilité des jeunes entreprises. Les sociétés de moins de trois ans voient leurs défaillances progresser de 2,7 %, tandis que celles âgées de trois à cinq ans enregistrent une hausse de 3 %. Ensemble, elles représentent plus de 40 % des jugements prononcés au cours du trimestre.

Des écarts importants selon les régions

La situation varie fortement selon les territoires. Les Pays de la Loire enregistrent la plus forte hausse des défaillances (+18,4 %), devant la Bretagne (+11,4 %). Ces deux régions sont les seules à voir progresser simultanément les redressements judiciaires et les liquidations judiciaires, signe d’une dégradation plus profonde du tissu économique local.

À l’inverse, plusieurs grandes régions repassent dans le vert. La Normandie affiche la plus forte amélioration (-11,9 %), suivie de la Provence-Alpes-Côte d’Azur (-5,5 %), de la Nouvelle-Aquitaine (-5,3 %), du Grand Est (-4,9 %) et de l’Occitanie (-4,1 %).

Les commerces et services de proximité sous pression

Derrière la stabilisation nationale, les situations sectorielles restent contrastées. La construction montre des signes d’amélioration avec un recul de 3,1 % des défaillances, notamment dans le gros œuvre et les agences immobilières.

En revanche, les activités dépendantes de la consommation des ménages continuent de souffrir. L’hôtellerie-restauration devient le principal foyer de dégradation avec une hausse de 11 % des défaillances. La restauration rapide progresse de 15,8 %, tandis que l’hébergement bondit de plus de 30 %.

Le commerce alimentaire, les magasins multi-rayons, les pharmacies, les commerces d’optique ou encore les librairies enregistrent également une augmentation des difficultés. Les services de proximité restent sous tension, notamment dans les activités de réparation et certains services à la personne.

Une embellie à confirmer

Selon Thierry Millon, directeur des études d’Altares, le pic des défaillances pourrait être passé. Cependant, de nombreuses entreprises peinent encore à restaurer leurs marges, renforcer leurs fonds propres et retrouver leur capacité d’investissement. Entre consommation prudente, investissements ralentis et contraintes budgétaires, la situation financière des entreprises françaises demeure fragile.

Si la hausse des défaillances ralentit enfin, le défi consiste désormais à consolider durablement la santé financière du tissu économique pour permettre un véritable retour à la croissance.