Risques politiques : les entreprises confrontées à une nouvelle carte mondiale des menaces
WTW publie la 9ᵉ édition de son baromètre annuel des risques politiques, réalisée auprès d’entreprises internationales. L’édition 2026 marque une rupture nette : le risque politique ne se limite plus aux zones instables, il touche désormais directement les marchés les plus stratégiques et les économies développées.
03 / 06 / 2026
Selon l’enquête, 75 % des entreprises interrogées déclarent avoir subi une perte liée à un risque politique, géopolitique ou de crédit. Pour la première fois depuis le lancement du baromètre, les États‑Unis arrivent en tête des pays où les entreprises ont enregistré des pertes, devant la Chine, la Russie, l’Ukraine et l’Inde.
Cette évolution confirme un phénomène central : le risque politique “revient à domicile”, sous l’effet de décisions publiques, de tensions internes et de politiques commerciales plus agressives.
Les tarifs douaniers, premier risque de l’année
Les barrières commerciales et les tarifs douaniers s’imposent comme le risque le plus difficile à gérer. 61 % des répondants les placent loin devant les conflits armés internationaux.
Contrairement aux guerres, ces mesures se contournent difficilement et s’inscrivent durablement dans les décisions opérationnelles des entreprises.
Les tensions commerciales génèrent des pertes financières plus larges que les conflits armés, même si ces dernières restent les événements les plus coûteux à l’unité.
La montée des menaces en “zone grise”
Les attaques en « zone grise » constituent un autre point d’alerte majeur. 65 % des entreprises identifient les attaques contre les infrastructures critiques (câbles sous‑marins, réseaux énergétiques ou installations logistiques) comme la principale menace actuelle.
Ces formes d’agression brouillent la frontière entre sécurité nationale et risque économique et exposent directement les entreprises.
Vers une fragmentation structurelle des activités
Face à cette instabilité, 84 % des entreprises se préparent ou envisagent une séparation structurelle entre leurs activités “Est” et “Ouest”, un niveau inédit depuis neuf ans d’enquête.
Cette stratégie illustre un changement profond : les entreprises n’anticipent plus seulement les chocs géopolitiques, elles réorganisent leur modèle pour y faire face.
Un risque devenu stratégique
Le baromètre WTW 2026 confirme que le risque politique s’impose comme un enjeu stratégique central, influençant l’investissement, les chaînes d’approvisionnement et les décisions de gouvernance, dans un monde durablement fragmenté.