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Assurance emprunteur : quatre ans après la loi Lemoine, les opportunités de croissance se confirment pour les intermédiaires

Quatre ans après l’entrée en vigueur de la loi Lemoine, les professionnels de l’assurance emprunteur dressent un bilan globalement positif de cette réforme. Selon le Baromètre CSA Assurance Emprunteur 2026 de MetLife France, plus d’un intermédiaire sur deux estime que la loi a contribué au développement de son activité. Si la résistance des banques demeure un frein à la délégation d’assurance et à la résiliation, les pratiques évoluent. Les établissements bancaires semblent désormais privilégier davantage l’argument tarifaire pour conserver leurs clients, dans un contexte marqué par le redémarrage du marché du crédit immobilier.



Réalisée auprès de 200 agents généraux, courtiers en crédit et courtiers en assurance, l’étude met en évidence l’impact durable de la loi Lemoine sur le marché de l’assurance emprunteur. Plus de la moitié des intermédiaires interrogés, soit 53 %, considèrent que cette réforme a contribué à augmenter leur activité depuis 2022.

La majorité des professionnels estime également que la loi a créé de nouvelles opportunités commerciales. Ils sont 62 % à considérer qu’elle a favorisé le développement de nouvelles activités, tandis que 21 % seulement jugent qu’elle a essentiellement déplacé l’activité de la délégation primaire vers la résiliation.

La délégation primaire reste stable

L’activité de délégation primaire affiche une stabilité remarquable. En 2026, 63 % des intermédiaires déclarent une activité inchangée par rapport à l’année précédente. Cette proportion demeure identique à celle observée en 2025.

La principale difficulté rencontrée reste la résistance des banques. Toutefois, son importance recule régulièrement depuis plusieurs années. Ce frein est cité par 44 % des répondants en 2026, contre 71 % en 2022.

Par ailleurs, la faible demande des emprunteurs constitue également un obstacle significatif. Ce facteur concerne désormais 40 % des professionnels interrogés. Une partie des clients semble privilégier dans un premier temps l’assurance proposée par leur établissement bancaire avant d’envisager un changement de contrat grâce aux possibilités offertes par la résiliation à tout moment.

La résiliation représente désormais plus de la moitié de l’activité

L’activité de résiliation conserve une place centrale dans le marché de l’assurance emprunteur. Elle représente 53 % de l’activité totale en 2026, contre 49 % l’année précédente. Cette proportion retrouve ainsi le niveau observé en 2023. Selon l’étude, cette évolution pourrait être liée au redémarrage du marché du crédit immobilier constaté en 2025.

La stabilité domine également sur ce segment. Près de 76 % des intermédiaires déclarent une activité de résiliation stable, soit davantage qu’en 2025.

Les demandes de résiliation interviennent toutefois plus tardivement qu’auparavant. En 2026, 54 % des changements de contrat sont réalisés plus d’un an après la souscription du prêt, contre 44 % en 2025.

Une concurrence bancaire de plus en plus forte sur les prix

Si les banques opposent moins de résistance qu’auparavant sur les délais de réponse ou l’équivalence des garanties lors des demandes de substitution, la concurrence évolue vers un autre terrain : celui du prix.

Près de 87 % des professionnels estiment que la compétitivité tarifaire des offres bancaires s’est renforcée par rapport à l’année précédente. Cette stratégie devient progressivement un frein à la résiliation. Elle est citée par 24 % des répondants en 2026, contre 14 % en 2024.

La résistance des banques demeure néanmoins le principal obstacle à la résiliation, même si son poids recule fortement depuis 2023. Elle est mentionnée par 57 % des intermédiaires, contre 80 % trois ans plus tôt.

Un marché qui continue de se transformer

Pour Agnès Bruhat, directrice générale de MetLife France, la loi Lemoine n’a pas bouleversé les équilibres historiques entre banques et assureurs alternatifs, mais elle a permis de créer de véritables opportunités commerciales grâce à la résiliation infra-annuelle. Cette évolution renforce l’importance de l’accompagnement proposé aux emprunteurs dans leurs démarches de changement d’assurance afin de faciliter l’accès à des offres plus compétitives et de soutenir leur pouvoir d’achat.