Transmission des entreprises familiales : le véritable défi reste le passage du pouvoir
La deuxième édition du Baromètre de la transmission des entreprises familiales, réalisée par EY, For Talents, FBN France et OpinionWay, met en lumière un paradoxe majeur. Si la volonté de transmettre reste très forte au sein des entreprises familiales, le passage effectif du relais demeure souvent inachevé. L’enjeu principal ne réside plus dans la transmission du capital, mais dans la capacité du dirigeant à céder réellement le pouvoir et à préparer l’avenir de l’entreprise.
07 / 10 / 2026
La transmission familiale reste la solution privilégiée. 82 % des dirigeants concernés envisagent une transmission intrafamiliale et 88 % des receveurs souhaitent, à leur tour, transmettre l’entreprise familiale. La première motivation reste la préservation de l’entreprise et de ses valeurs.
Pourtant, le processus demeure peu structuré. Si 87 % des dirigeants ont déjà engagé au moins une démarche de transmission, seuls 6 % se déclarent totalement en retrait du pouvoir et du capital. Le transfert du capital progresse plus vite que celui de l’autorité décisionnelle.
Le lâcher-prise, principal frein à la transmission
Le baromètre identifie un obstacle central : la difficulté pour le transmetteur à abandonner son rôle de dirigeant. La moitié des dirigeants ayant engagé ou finalisé leur transmission reconnaissent ne pas avoir réellement lâché le pouvoir décisionnel. Beaucoup conservent un mandat de gouvernance ou continuent d’influencer les décisions stratégiques.
Cette difficulté relève principalement de facteurs émotionnels. Les dirigeants craignent de transmettre un fardeau, de créer des tensions familiales ou de perdre une fonction qui a structuré leur identité pendant plusieurs décennies.
Des receveurs porteurs de transformation
Les repreneurs familiaux apparaissent comme de véritables entrepreneurs. Âgés en moyenne de 37 ans, ils disposent souvent d’un diplôme de niveau Bac+5 et d’une expérience professionnelle acquise hors de l’entreprise familiale.
74 % déclarent être à l’origine d’un nouveau projet stratégique. L’innovation, la digitalisation, la diversification et la croissance externe figurent parmi leurs principales priorités. Plus de la moitié observent une progression du chiffre d’affaires depuis la transmission.
Gouvernance et accompagnement, clés du succès
L’étude souligne enfin l’importance d’une gouvernance structurée. Les conseils de famille, les administrateurs indépendants et les dispositifs de gouvernance d’entreprise améliorent la qualité des décisions, réduisent les tensions et facilitent le passage de relais.
Les auteurs du baromètre rappellent qu’une transmission réussie repose sur quatre piliers : l’anticipation, le dialogue, l’accompagnement humain et le transfert réel de l’autorité. Lorsqu’ils sont réunis, la transmission devient un puissant levier de pérennité, de création de valeur et de développement pour l’entreprise familiale.