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Intelligence artificielle : les professionnels du risque passent de l’expérimentation à l’appropriation

L’AMRAE publie une étude consacrée à l’usage de l’intelligence artificielle dans le risk management. Réalisée auprès de 133 professionnels du risque, elle dresse un premier état des lieux des pratiques, des usages et des attentes de la profession. Le principal enseignement est clair : l’IA est déjà largement adoptée, mais son utilisation reste aujourd’hui concentrée sur les tâches documentaires.



Selon l’enquête, 88,6 % des répondants déclarent utiliser l’intelligence artificielle dans leurs missions. Parmi eux, 35,6 % l’utilisent régulièrement et 53 % de façon ponctuelle ou expérimentale. Seuls 7,6 % envisagent encore son adoption et 2,3 % n’y ont pas recours.

L’adoption apparaît plus forte dans les grands groupes, où 92 % des répondants utilisent déjà l’IA. Les ETI affichent un taux de 81 %. L’âge constitue un facteur moins discriminant que prévu : même parmi les plus de 60 ans, plus de 85 % déclarent utiliser ces outils.

L’IA générative domine les usages

Les solutions d’IA générative, comme ChatGPT, Copilot ou Gemini, représentent le principal point d’entrée. Elles sont utilisées ou envisagées par 85,6 % des répondants. Les solutions développées en interne arrivent ensuite à 30,3 %, tandis que l’IA analytique et prédictive reste plus marginale.

L’usage le plus répandu concerne l’aide à la rédaction de rapports, synthèses ou comptes rendus, utilisée par 77,4 % des professionnels. Viennent ensuite l’analyse de documents juridiques, l’analyse de grandes volumétries de données, la veille réglementaire et l’automatisation de tâches administratives.

Le cœur du risk management reste à conquérir

Les usages les plus avancés concernent principalement des données textuelles. Les fonctions directement liées à l’anticipation, à la modélisation ou à l’aide à la décision restent moins développées. La modélisation de scénarios, l’analyse des sinistres ou la détection des risques émergents affichent encore des taux d’usage limités, malgré un fort intérêt exprimé par les répondants.

Pour l’AMRAE, le principal frein n’est plus culturel mais technique. La disponibilité, la structuration et la gouvernance des données apparaissent aujourd’hui comme les conditions essentielles pour développer les usages à plus forte valeur ajoutée.

Des attentes très opérationnelles

Les professionnels du risque attendent avant tout des retours d’expérience, des guides pratiques, des panoramas d’outils et des analyses concrètes des risques liés à l’IA. Aucun répondant n’indique ne pas avoir d’attente sur le sujet.

L’étude conclut que l’IA est désormais entrée dans les pratiques du risk management. La prochaine étape consiste à transformer ces premiers usages en dispositifs maîtrisés, explicables et pleinement intégrés dans les processus d’analyse et de gestion des risques.