Assureurs mondiaux : un secteur conscient des risques physiques, mais encore loin d’une intégration complète
Le nouveau rapport du MSCI Institute « What the market thinks » analyse la manière dont les plus grands assureurs mondiaux s’adaptent à l’intensification des risques physiques liés au climat. Basée sur un sondage mené auprès de 50 acteurs internationaux, l’étude révèle un secteur en transition : les assureurs se sentent préparés individuellement, mais doutent de la capacité collective de l’industrie à absorber les chocs climatiques à venir.
04 / 03 / 2026
Selon le rapport, la majorité des assureurs évaluent leur propre niveau de préparation comme satisfaisant, mais jugent l’industrie globalement vulnérable. En Europe, 79 % des assureurs estiment leur activité bien préparée, mais seulement 50 % considèrent que le secteur l’est réellement.
Cette différence se retrouve en Amérique du Nord et en Asie, où les assureurs voient une industrie encore en retard dans l’intégration des risques physiques.
Une montée des risques physiques qui bouleverse les modèles
Les assureurs interrogés s’accordent sur un constat : les modèles fondés sur les données historiques ne suffisent plus face à l’évolution rapide des aléas climatiques. Les pertes liées aux événements extrêmes dépassent régulièrement les 100 milliards de dollars par an, et pourraient être multipliées par presque 4 d’ici 2050.
Face à cette réalité, les acteurs renforcent leurs analyses, combinant modèles catastrophes, données géospatiales et informations locales.
Une intégration opérationnelle encore incomplète
Si 88 % des assureurs se disent très préoccupés par les risques systémiques, seuls 50 % indiquent avoir intégré ces enjeux dans leurs cadres de gestion des risques.
L’absence d’incitations pour les dirigeants freine également la progression : 69 % des assureurs n’intègrent pas encore les risques climatiques dans les objectifs de performance exécutive.
Des opportunités qui émergent malgré les tensions
Malgré les défis, l’étude identifie des opportunités commerciales fortes : 91 % des assureurs voient un potentiel dans les services de conseil en résilience, et 58 % dans les solutions paramétriques.