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9 juin 2020

Véhicules électriques : qu’en est-il de l’assurance et de l’accidentologie ?

Face à la crise actuelle, le gouvernement a adopté, le 26 mai, un « plan de soutien à l’automobile pour une industrie verte et compétitive ». Il souhaite notamment inciter les Français à acheter plus de véhicules électriques et hybrides. Des effets sont donc à attendre sur l’assurance automobile.

«  Le marché de l’électrique a de beaux jours devant lui ! Outre le plan de relance présenté par le Président de la République, ce marché attirait déjà en 2019 de plus en plus de Français. Les aides financières de l’État en faveur de l’électrique cumulées à l’augmentation des coûts du carburant avaient déjà donné un coup d’accélérateur dans la vente de véhicule électrique mais aussi les demandes d’assurance pour ce type de véhicules. En 2019, LeLynx.fr a ainsi enregistré une augmentation de près de 90 % du nombre de devis opérés pour des véhicules électriques. […]»,  annonce Amina Walter, directrice générale déléguée de LeLynx.fr. Selon le comparateur d’assurances, l’assurance d’un véhicule électrique coûte en moyenne 605 €, soit un montant inférieur à celle d’un véhicule classique qui se chiffre à 632 €, tous véhicules confondus. Ce tarif inférieur s’explique par le fait que les voitures électriques sont globalement moins puissantes et moins rapides que les voitures thermiques, d’où des risques réduits d’accident. En outre, les conducteurs ayant un véhicule électrique sont plus soucieux des émissions de CO2 et de leur conduite  et ces véhicules sont plus utilisés pour des trajets courts.

 Selon une étude réalisée par la filiale d’Axa en Suisse au mois d’août dernier, un conducteur sur trois dit être prêt à acquérir une voiture électrique et même un conducteur sur deux parmi les 18 à 24 ans.  Quant à ceux déjà détenteurs d’un tel véhicule, 98 % d’entre eux choisiraient à nouveau ce type de modèle, s’ils devaient en changer.

 Axa Suisse a effectué des crash tests afin d’étudier l’accidentologie des véhicules électriques et a analysé les statistiques disponibles dans ce champ. La compagnie d’assurance en a déduit que la sinistralité est moins élevée d’environ 10 % parmi les catégories de véhicules micro et mini par rapport aux voitures traditionnelles. En revanche, les modèles plus puissants des catégories luxe et SUV ont une fréquence de sinistres 40 % plus élevée qui trouve une explication dans l’accélération des voitures électriques, plus rapide. « L’accélération maximale est directement disponible alors que, pour les moteurs à combustion, même très puissants, il faut un moment avant de l’atteindre. Les conducteurs sont confrontés à de nouvelles exigences », explique Bettina Zahnd, responsable recherche accidentologique et prévention chez Axa. Par conséquent, plus de la moitié des conducteurs de véhicules électriques interrogés ont souligné que les changements en termes de freinage et d’accélération les avaient contraints à adapter leur style de conduite.

Côté risque incendie, « Les voitures électriques ne brûlent pas plus souvent que les autres, mais lorsqu’une batterie prend feu, tout va très vite et il n’est presque plus possible de l’éteindre », souligne Bettina Zahnd. Dans cette situation, il est alors impératif de libérer les occupants du véhicule au plus vite et de les en tenir éloignés en vue d’éviter brûlures et fumées toxiques.

Un autre élément qui influe sur la sinistralité est un démarrage où le moteur est silencieux. Certains piétons traversent en se fiant au bruit. Le risque de renverser un piéton est plus élevé avec un véhicule électrique. C’est pourquoi les véhicules électriques circulant depuis juillet 2019 doivent  disposer d’un signal d’avertissement acoustique destiné à prévenir ce type d’accident.

 Enfin, 99 % des propriétaires de véhicules électriques font appel au pilote automatique, en général lorsqu’ils empruntent l’autoroute ou des routes de campagne. La filiale Suisse d’Axa estime que ces systèmes ont tendance à réduire les accidents mais, à l’inverse, une confiance excessive du conducteur dans le pilotage automatique peut être à l’origine d’un accident.

Au premier trimestre 2020, les véhicules électriques ont représenté 7 % des ventes de véhicules, contre 2,3 % en décembre 2019, selon le gouvernement.

Geneviève Allaire

*Etude réalisée par Axa auprès de 1 000 Suisses non détenteurs de véhicules électriques et de 340 propriétaires de voitures électriques