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9 novembre 2021

Les assureurs sont frileux depuis la période COVID

Bernard Albenois dirige le cabinet Auxilia Courtage basé dans le Sud-Est. Courtier d’assurances spécialisé en risques d’entreprise et plus particulièrement en Responsabilité Civile (RC professionnelle, RC Construction, Cyber, RCMS, Protection Juridique), il s’inquiète de tensions observées dans la couverture des risques de ses clients.

 

  • Quels sont les domaines d’activités dans lesquels vous éprouvez des difficultés à trouver des porteurs de risques français ou européens ?

La liste est déjà longue. On peut citer les agences de voyages, les poseurs et fabricants de panneaux solaires et photovoltaïques, certains professionnels dans le domaine de la construction, certains fabricants de dispositifs médicaux (prothèses, encres de tatouage…), les acteurs du désamiantage, les diagnostiqueurs immobiliers, ainsi qu’une demi-douzaine de professions pour lesquelles c’est difficile, voire impossible, de trouver des assureurs.

 

  • A quelle(s) raison(s) attribuez-vous ces difficultés ? Les activités sont-elles trop risquées, les clients trop fragiles ou les efforts de prévention sont-ils insuffisants pour rendre la couverture des risques acceptable par le marché ?

Je constate que les assureurs sont frileux. Depuis la période COVID, ils ont concentré leurs activités, probablement parce que leurs contrats de réassurance leur imposent de restreindre leurs engagements. Mais j’attribue aussi les difficultés rencontrées par certains des clients à un manque de combativité des assureurs, qui font moins d’efforts pour apprécier les risques et préfèrent ne pas les couvrir.

Si je prends l’exemple du photovoltaïque, nous avons aujourd’hui du recul sur la sinistralité, avec des statistiques publiées et connues. Il y a quelques années, la pose des panneaux n’était pas toujours maîtrisée et normée, avec un risque d’incendie réel. Aujourd’hui, ce sujet a été réglé car des procédures de formation et de contrôle de qualité existent (QualiPV). Elles ont été exigées par les compagnies, ce qui a sécurisé cette activité. Mais le nombre d’acteurs actifs sur ce marché reste insuffisant.

La loi Climat qui vient d’être adoptée sera appliquée en 2023. Ce texte parie sur un fort développement des énergies renouvelables. Comme faire pour mettre en œuvre ce plan de transition écologique si les acteurs peinent à s’assurer aujourd’hui ?

 

  • Faut-il améliorer le fonctionnement du BCT ? et si oui de quelle(s) manière(s) ?

Aujourd’hui, le BCT fonctionne bien. Il couvre les assurances obligatoires. Et donne une réponse sous 1 ou 2 mois, un délai qui s’est plutôt amélioré ces dernières années et qui se rapproche de ce que font les assureurs classiques. Cet organisme peut jouer son rôle pour une garantie décennale ou une RC obligatoire, mais dans les autres cas, l’absence de solution d’assurance n’est pas de son ressort.

 

  • Quelle(s) autre(s) proposition(s) pourriez-vous formuler pour améliorer les solutions d’assurances au tissu industriel français et aux entrepreneurs ?

Une concertation de place entre courtiers, et notamment les représentants des courtiers de proximité, qui connaissent parfaitement le tissu économique des entreprises françaises, les assureurs et les pouvoirs publics permettrait de rechercher des solutions efficientes.

Nous recherchons tous la protection des consommateurs. Or si nous n’assurons pas les poseurs de panneaux voltaïques pour reprendre cet exemple, les particuliers peuvent se retrouver face à des problématiques majeures, car ce sont les assureurs qui ont mis en place et exigé ces certifications, les QualiPV, pour sécuriser ces activités. S’ils se retirent de ce marché, comment conserver la maîtrise de la formation et de la qualité des poseurs ?

Nous avons rencontré des difficultés en assurance-construction il y a quelques années avec des acteurs en LPS. Je souhaite qu’une concertation s’engage pour ne pas voir revenir de nouvelles dérives, sur d’autres segments de marché. C’est le sens de la lettre ouverte que j’ai adressée au Ministre de l’Economie , des Finances et de la Relance , et que j’ai mise en ligne sur les réseaux sociaux .