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13 janvier 2021

Les assureurs confrontés au défi de l’assurance ouverte

Comme l’atteste le développement des assurtechs en France, la révolution de l’Open-Insuring (assurance ouverte) est déjà en marche et vise à apporter aux assurés des services plus personnalisés.

A l’instar de l’Open-banking, son corollaire dans le secteur de la banque, l’Open-insuring se  caractérise par l’accès aux données des clients des compagnies d’assurance par des services tiers. Les assureurs constituent des partenariats avec des assurtechs, ces petites structures axées vers l’innovation, car elles leur apportent de nouvelles opportunités, notamment grâce aux données que les porteurs de risques ont collectées depuis des années.

Un rapport publié en février 2020 par le cabinet conseil Accenture sur l’Open-Insurance* définit l’assurance ouverte comme « le partage et la consommation de données et de services dans plusieurs secteurs au moyen d’API qui sont accessibles de l’extérieur et librement consommables ». Par exemple, la technologie API permet de développer des propositions de micro-assurance ou d’offrir une protection d’assurance contre les conditions climatiques extrêmes à des agriculteurs en utilisant les satellites et la technologie pour permettre de développer une compréhension globale des données sur le climat.

En matière de paiements, une directive européenne, la directive sur les services de paiement ou DSP2, est entrée en application en janvier 2018 et vient compléter les possibilités de l’assurance ouverte. Elle a imposée des normes de sécurité plus strictes concernant les paiements électroniques, le but étant de renforcer la confiance des consommateurs lors d’achats en ligne et de favoriser une concurrence équitable entre les acteurs.

Selon le rapport d’Accenture, la plupart des assureurs estiment que leur succès à long terme repose sur les écosystèmes de l’assurance ouverte mais un grand nombre ont encore besoin de l’adopter pleinement pour en découvrir tous les avantages. Accenture considère que « L’Open-Insurance n’est pas autant stimulé que l’Open-banking par la réglementation, ce qui explique que les assureurs en soient encore à la phase expérimentale de cette technologie. Toutefois, il y a aussi des barrières culturelles et structurelles comme la confidentialité des données des entreprises et des particuliers, les capacités technologiques concrètes ou l’éthique dans les partenariats pour que l’écosystème de l’open-insurance puisse pleinement se développer ». Accenture insiste sur la nécessité qu’ont les acteurs de l’assurance de développer le plus rapidement possible des capacités d’assurance ouverte pour aller au-delà des frontières traditionnelles et développer de nouvelles propositions de valeurs car ce défi pourrait rapidement faire la différence en termes de leadership.

Selon Accenture, 58 % des assureurs sont activement en quête de nouveaux business models et 82 % s’accordent à penser que l’assurance ouverte va leur permettre de croître comme aucun autre modèle ne pourrait le faire dans les années à venir. Il s’agit de ne pas rater le train de l’assurance ouverte. Pour ce faire, Le cabinet de consulting liste trois directions à suivre : créer, publier et installer rapidement des API, revoir la structure de l’entreprise dans l’idée d’améliorations continues et rapides et forger de nouveaux partenariats avec des start-ups attrayantes apportant une véritable valeur ajoutée.

Geneviève Allaire

*Rapport intitulé « Open Insurance : Unlocking Ecosystem Opportunities for Tomorrow’s Insurance Industry »