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8 octobre 2020

Le marché de l’assurance se durcit et entre dans un cycle haussier

Chez les assureurs, les premiers signes de durcissement relevés en 2018 se sont renforcés en 2019 et au premier semestre 2020, confirmant l’entrée du marché dans un nouveau cycle, selon la « Note de conjoncture 2021 » du courtier Gras Savoye Willis Towers Watson (GSWTW) publié le 29 septembre.

Depuis plusieurs exercices, une sinistralité récurrente, des taux techniques au plus bas et des taux d’intérêt négatifs entraînent des ratios combinés supérieurs à 100 chez les assureurs et jouent en défaveur de leurs résultats. A cela s’ajoutent les conséquences de la crise sanitaire que nous traversons actuellement. « Ces éléments tangibles font de la tendance à la remontée des prix un mouvement global de l’ensemble des acteurs et, ceci, sur l’ensemble des branches », a notifié Amélie des Monstiers, directrice des marchés de GSWTW France, lors d’une webconférence.

En outre, les assureurs diminuent leurs engagements avec des allocations de capacités beaucoup plus fines et des garanties qui peuvent être revues à la baisse en fonction des risques. Amélie des Monstiers met aussi en avant « le désengagement de porteurs de risques sur des branches spécifiques et la problématique d’inassurabilité de certains risques. Dans un tel contexte, les conséquences de la crise sanitaire que nous connaissons depuis plusieurs mois seront également à prendre en compte ».

En assurance de biens, certaines activités jugées à risque subissent des restrictions, voire des interdits dans la souscription et l’on voit apparaître de nouvelles exclusions dont la rédaction est effectuée avec un soin particulier. En responsabilité civile (RC), « les assureurs souhaitent introduire de nouvelles exclusions à l’instar des assurances dommages comme sur les événements cybers (tout ou partie) et sur certains produits (le glyphosate ou les PFAS, des perturbateurs endocriniens) », explique Denis Bicheron, directeur technique dommages et RC de GSWTW France.

Corrections pour le marché des lignes financières

Depuis l’apparition de la crise sanitaire, le marché des lignes financières a connu des corrections en France. Une réduction des capacités est observée : des traditionnels 25 M€ qui pouvaient être alloués, elles peuvent être diminuées à 10 M€ ou 15  M€, voire à 5 M€ dans certains cas. Là aussi, « il y a des réflexions pour introduire des exclusions relatives au covid 19 ou au fight, exclusions qui n’avaient jamais vu le jour en France dans les polices financières », remarque Guillaume Deschamps, directeur du département finex de GSWTW France. A son avis, les tarifs pourraient augmenter de 30 % à 100 % dans certains cas, même en l’absence de sinistres et les conditions de renouvellement sont sujettes à des informations de souscription bien plus nombreuses qu’auparavant et qui s’avèrent incontournables.

En assurance de l’événementiel, un grand nombre d’assureurs ont décidé de ralentir, voire d’arrêter la souscription car ils ont besoin d’y voir plus clair, et l’écriture des garanties est à la refonte. Si les capacités peuvent être légèrement réduites, on observe sur ce segment des majorations de tarifs de l’ordre de 30 %.

Côté assurances de personnes, avec la crise du coronavirus, la demande d’indemnités complémentaires (arrêts maladie)  s’est envolée durant le second trimestre et les prestations relatives aux frais médicaux sont remontées très rapidement après le déconfinement. D’où une chute du ratio de solvabilité pour les assureurs. « Il faut aussi prendre en compte la situation en prévoyance  qui était déjà tendue à cause d’une hausse marquée de l’absentéisme en France depuis plusieurs années dans un contexte de taux d’intérêt bas », notifie Liliane Spiridon, directrice health & benefits de GSWTW France. Le projet étant en cours d’examen, le gouvernement pourrait mettre en place en 2021 une hausse de 2,6 % des taxes des complémentaires santé en 2021, hausse qui pourrait être réduite à 1,3 % en 2022.

En cette période de renouvellements qui s’annonce à la fois complexe et tendue, « Dans un contexte inédit et difficile, le rôle du courtier n’a jamais été aussi important, en termes d’accompagnement comme de pédagogie », pointe Cyrille de Montgolfier, directeur général de la filiale française de GSWTW.

Geneviève Allaire

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