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Fraudes sociales : le HCFiPS réévalue le montant à 14 milliards d’euros en 2025

Le Haut Conseil pour le financement de la protection sociale confirme une hausse des fraudes sociales en France. L’estimation atteint désormais 14 milliards d’euros en 2025, portée par de nouvelles méthodologies de calcul et l’intégration des indemnités journalières.



Le HCFiPS publie une nouvelle estimation des fraudes sociales en France. Pour 2025, le montant s’élève à 14 milliards d’euros, contre 13 milliards l’an dernier. Cette hausse résulte surtout d’une actualisation des bases de calcul utilisées par la Cnaf, la Cnam et l’Urssaf. Le Haut Conseil précise que l’évolution vient majoritairement d’effets de base et de périmètre, tandis que la prévalence réelle de la fraude reste presque stable.

Indemnités journalières : un facteur clé de réévaluation

La branche maladie enregistre une progression notable de la fraude, estimée à 600 millions d’euros supplémentaires. Cette augmentation s’explique par des réévaluations liées aux prestations maladie comme la C2S ou les actes des infirmiers, pharmaciens et masseurs-kinésithérapeutes.
Le périmètre d’étude s’élargit aussi aux indemnités journalières, analysées sur un échantillon de 7 000 arrêts de travail. Le HCFiPS chiffre la fraude à 1,8 %, soit 230 millions d’euros. Malgré cela, cet ajout ne modifie pas le taux global de fraude à l’Assurance Maladie.

Famille et recouvrement également en hausse

Pour la branche famille, la fraude augmente de 400 millions d’euros, en grande partie à cause du RSA.
Côté recouvrement, une hausse de 150 millions d’euros apparaît, liée à des réévaluations de cotisations dans le cadre de la LCTI et à la prise en compte de l’assiette 2024.

Préjudices détectés : une forte progression

Les organismes évaluent les préjudices constatés à plus de 2 milliards d’euros, principalement sur la branche recouvrement. Depuis 2022, les montants détectés progressent fortement. Entre 2023 et 2024, les redressements Urssaf augmentent de 35 %, ceux de la Cnam de 23 % et ceux de la Cnaf de 20 %. Les fraudes évitées représentent par ailleurs 0,5 milliard d’euros.

Le recouvrement progresse aussi, avec 700 millions d’euros récupérés fin 2024, soit 70 millions de plus en un an.