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Marché bancaire et assurantiel français : des résultats solides malgré un environnement incertain en 2025

Malgré un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les défis budgétaires et les incertitudes économiques, les secteurs français de la banque et de l’assurance ont fait preuve d’une forte résilience en 2025. Hausse de l’activité, progression des résultats, niveaux de solvabilité élevés et financement soutenu de l’économie : les principaux indicateurs demeurent bien orientés. Le rapport de l’ACPR dresse le portrait d’un secteur financier robuste, tout en soulignant plusieurs points de vigilance, notamment liés aux risques climatiques, au crédit et à l’internationalisation des activités.



Le secteur bancaire français reste le premier de la zone euro par la taille de son bilan. En 2025, le total de bilan consolidé atteint 9 685 milliards d’euros, en hausse de 1,6 % sur un an. Les banques françaises continuent d’occuper une place centrale dans le financement de l’économie, avec plus de 4 000 milliards d’euros de crédits accordés aux ménages et aux entreprises.

Les encours de prêts aux ménages s’élèvent à 2 125 milliards d’euros tandis que ceux accordés aux sociétés non financières atteignent 1 970 milliards d’euros. Les PME représentent près de 47 % des crédits consentis aux entreprises.

La qualité des actifs demeure globalement satisfaisante. Le taux de prêts non performants reste contenu à 2,2 % pour les ménages et à 3,9 % pour les entreprises. Les secteurs de la construction et de l’hébergement-restauration affichent toutefois des niveaux de risque plus élevés.

Des niveaux de solvabilité et de liquidité confortables

Les indicateurs prudentiels demeurent largement supérieurs aux exigences réglementaires. Les fonds propres CET1 atteignent 499 milliards d’euros et le ratio CET1 moyen s’établit à 16,2 %. Le ratio de levier reste stable à 5,6 %.

La situation de liquidité reste également favorable. Le ratio LCR atteint 143,5 % et le ratio NSFR 115,2 %, confirmant la capacité du secteur bancaire à absorber d’éventuelles tensions de marché.

L’assurance poursuit sa croissance

Le marché français de l’assurance continue de se consolider. Fin 2025, il compte 628 entités assurantielles regroupées au sein de 68 groupes. Le total des actifs consolidés atteint 3 454 milliards d’euros.

Le bilan prudentiel agrégé progresse de 5,9 % sur un an pour atteindre 3 147 milliards d’euros. Cette hausse s’explique notamment par la forte dynamique de l’assurance-vie et la bonne tenue des marchés financiers. Les fonds propres prudentiels atteignent 523 milliards d’euros, en hausse de 6,3 %.

Une année record pour l’assurance-vie

L’assurance-vie enregistre l’une de ses meilleures performances depuis plus d’une décennie. La collecte brute atteint 159,1 milliards d’euros tandis que la collecte nette s’élève à 44 milliards d’euros, son plus haut niveau depuis 2011.

Cette dynamique repose à la fois sur les unités de compte, qui génèrent 37,6 milliards d’euros de collecte nette, et sur le retour de la collecte positive des fonds euros, avec 6,4 milliards d’euros.

Des défis persistants autour des risques climatiques

Si le secteur financier français affiche une situation solide, plusieurs enjeux demeurent sous surveillance. Les risques climatiques occupent une place croissante dans les préoccupations des assureurs. La revalorisation de la surprime Cat Nat a permis de renforcer l’équilibre du régime catastrophes naturelles, dont le ratio sinistres/primes est revenu à 65 % en 2025.

L’ACPR souligne néanmoins que la multiplication des événements climatiques et l’intensification des sinistres constituent un défi majeur pour les années à venir.

Un secteur financier résilient face aux incertitudes

En 2025, banques et assureurs français ont démontré leur capacité de résistance dans un environnement complexe. La progression des bilans, la stabilité des indicateurs prudentiels, le dynamisme de l’assurance-vie et la poursuite du financement de l’économie témoignent de la robustesse du système financier français. Les acteurs du secteur devront toutefois continuer à adapter leurs modèles face à l’évolution des risques économiques, financiers et climatiques.