Responsabilité des dirigeants : les risques humains, cyber et géopolitiques redessinent les priorités des entreprises
WTW publie son étude annuelle consacrée aux risques liés à la responsabilité des dirigeants et mandataires sociaux (RCMS). Réalisée auprès de 975 dirigeants à travers le monde, cette enquête met en évidence une évolution des préoccupations des entreprises. Si les risques cyber restent majeurs, les enjeux humains et géopolitiques occupent désormais une place centrale dans l’exposition des dirigeants.
24 / 07 / 2026
L’étude montre que les principaux risques pesant sur la responsabilité des dirigeants concernent avant tout les collaborateurs. La sécurité et la santé au travail arrivent en première position, citées par 77 % des répondants dans le monde et 74 % en France.
Les enjeux liés à la protection des données et à la cybersécurité demeurent également très présents. La perte de données est identifiée comme un risque majeur par 76 % des dirigeants au niveau mondial et 59 % en France, tandis que les cyberattaques préoccupent 75 % des répondants dans le monde et 69 % en France.
Les risques géopolitiques s’imposent
Pour la première fois, les risques géopolitiques figurent parmi les principaux sujets d’inquiétude. Dans un contexte international marqué par de fortes tensions, 59 % des dirigeants considèrent désormais ce risque comme essentiel.
L’étude souligne toutefois des différences importantes selon les régions du monde. Les risques liés à la cybercriminalité et aux données dominent en Asie, en Amérique du Nord et en Amérique latine. En Europe et au Moyen-Orient, les préoccupations portent davantage sur les enjeux humains et opérationnels. En Afrique, les risques réglementaires et de conformité occupent une place prépondérante.
Une approche française plus juridique
En France, deux risques se distinguent particulièrement. Le non-respect des réglementations est cité par 64 % des dirigeants, tandis que les procédures pénales concernent 56 % d’entre eux.
Ces résultats traduisent une attention accrue portée aux enjeux juridiques et réglementaires, qui peuvent engager directement la responsabilité personnelle des dirigeants.
L’intelligence artificielle entre dans le champ des risques
L’intelligence artificielle apparaît désormais comme un sujet de vigilance pour les entreprises françaises. Les principaux risques identifiés concernent la fraude et le social engineering via l’IA (52 %), l’échec stratégique de l’adoption de l’IA (40 %) et les erreurs, la désinformation ou les risques de non-conformité réglementaire et éthique (36 %).
Cette évolution confirme que les dirigeants doivent aujourd’hui composer avec un environnement où les risques technologiques, humains, réglementaires et géopolitiques sont de plus en plus interconnectés.