Feux de forêt : le risque s’étend progressivement à l’ensemble du territoire français
Longtemps associé au pourtour méditerranéen, le risque de feux de forêt concerne désormais une part croissante du territoire français. Une nouvelle étude d’AXA Climate montre que le changement climatique modifie durablement la géographie de ce risque. D’ici 2050, le nombre moyen de jours présentant un risque élevé d’incendie pourrait augmenter de près de 70 % autour des villes étudiées, avant une hausse proche de 130 % à l’horizon 2100.
20 / 07 / 2026
Selon AXA Climate, les conditions favorables au déclenchement et à la propagation des feux de forêt ne se limitent plus au sud de la France. La combinaison de températures plus élevées, de sécheresses prolongées et de conditions venteuses devient plus fréquente et plus durable dans de nombreuses régions.
Basées sur des scénarios de réchauffement atteignant jusqu’à +4 °C en France d’ici 2100, les projections montrent que plusieurs territoires pourraient connaître plusieurs semaines par an de conditions propices aux incendies, contre seulement quelques jours aujourd’hui.
Des régions de plus en plus exposées
Si Marseille ou Perpignan restent parmi les zones les plus concernées, l’étude met en évidence une forte progression du risque dans le centre, l’ouest et le nord du pays. Ainsi, les jours à risque élevé pourraient passer de 5 à 12 jours à Lyon, de 4 à 11 jours à Tours, de 3 à 9 jours à Nantes et de 2 à 8 jours en région parisienne d’ici 2050.
Cette évolution confirme l’extension progressive du risque à des territoires historiquement moins exposés.
Prévenir plutôt que subir
Face à cette situation, plusieurs initiatives locales montrent qu’il est possible d’agir. En Gironde, des programmes de reboisement favorisent une plus grande diversité d’essences forestières afin de limiter la propagation des flammes. Dans le Gard, des zones débroussaillées protègent certains villages. Dans le Var, le pâturage contribue à réduire la végétation combustible sur près de 100 000 hectares.
L’assurance face à un risque en mutation
L’intensification des feux de forêt constitue également un défi pour le secteur de l’assurance. AXA Climate met notamment en avant le développement de solutions d’assurance paramétrique, permettant des indemnisations rapides à partir d’indicateurs objectifs tels que les surfaces brûlées observées par satellite.
Au-delà de l’indemnisation, l’assureur estime que l’assurance peut aussi encourager les investissements dans la prévention et l’adaptation des territoires. Des simulations évoquées dans le cadre du projet européen PIISA montrent que certains dispositifs préventifs pourraient réduire le risque annuel d’incendie de 30 à 50 %.