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18 mars 2020

Le télétravail gagne du terrain, selon une étude de Malakoff Humanis

Les grèves des transports en commun de décembre dues à la réforme des retraites et la propagation du coronavirus en France pourraient avoir favorisé l’appropriation du télétravail par les entreprises. Une étude de Malakoff Humanis démontre que ce mode d’exercice entre dans les mœurs.

Selon cette enquête, lors des mouvements sociaux de décembre 2019, une proportion de 38 % de salariés qui ne pratiquaient pas le télétravail a pris cette habitude, sur la base des collaborateurs dont l’emploi le permet. En effet, 60 % des emplois ne peuvent relever du télétravail. Cette activité à distance est bien perçue par les salariés pour plusieurs raisons : 89 % estiment qu’elle permet un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle et 88 % considèrent qu’elle est garante d’une plus grande autonomie dans leur travail ; 88 % y voient un moyen d’être plus efficaces ou plus productifs et 90 % jugent être moins fatigués en télétravaillant.

Cependant, le télétravail entraîne une difficulté dans la séparation des temps consacrés à la vie privée et professionnelle pour 59 % des personnes interrogées, et notamment un empiétement de la vie professionnelle sur la vie personnelle pour 60 %, ainsi que des échanges plus difficiles entre collaborateurs pour 58 % d’entre elles. Parmi les bénéfices relatifs au télétravail perçus par les entreprises, le meilleur équilibre de vie des salariés arrive en tête (84 % de réponses), suivi par un renforcement de la qualité de vie au travail (78 %) et une plus grande responsabilisation ou autonomie dans le travail (75 %). La moitié des employeurs pensent que le télétravail agit contre l’absentéisme et cette proportion est plus élevée en Ile-de-France (66 %). Au rang des inconvénients, 54 % des employeurs sont soucieux de la complexité pour évaluer l’hygiène et la sécurité des lieux où se déroule le télétravail, 47 % mettent en avant des difficultés à diriger les collaborateurs à distance et 44 % se préoccupent des risques liés à la sécurité et à l’utilisation des outils informatiques et des données.

Les trois-quarts des salariés et les deux-tiers des dirigeants anticipent le développement du télétravail d’ici cinq ans lorsque les emplois le permettent, en particulier en cas de circonstances exceptionnelles comme celles que nous vivons actuellement, avec la crise sanitaire due au coronavirus. Ainsi, 28 % des employeurs ont déjà autorisé des collaborateurs à télétravailler lors de mouvements sociaux, 27 % ont déjà incité leurs salariés à passer au télétravail afin d’éviter les risques de contamination et 32 % ont déjà accordé une période de télétravail pour que les salariés puissent faire face à des contraintes personnelles.

Aujourd’hui, la pratique du télétravail concerne près d’un tiers des salariés et des entreprises et dans 72 % des cas, cela se fait sur simple accord entre l’employeur et le salarié. Le télétravailleur type est un cadre d’une entreprise de plus de 250 salariés dans le secteur des services. Pour un salarié, la durée mensuelle moyenne de télétravail est de 6,4 jours en 2019, en baisse par rapport à 2018. Dans 90 % des cas, le télétravail est effectué à domicile.

Geneviève Allaire

* Etude réalisée par le CSA pour Malakoff-Humanis auprès de 1 610 salariés dont 600 managers représentatifs de la population active française salariée en novembre 2019 et février 2020 et de 402 dirigeants d’entreprises (directeurs généraux, membres du comité exécutif, chefs d’entreprises, directeurs des ressources humaines, etc.) interrogés en décembre 2019 et février 2020 et représentatifs de la population des dirigeants d’entreprises du secteur privé d’au moins 10 salariés.