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17 juin 2020

En 2021, la reprise sera progressive, selon Fitch

Fitch Ratings prévoit une réduction contenue des bénéfices d’exploitation et des marges d’investissements des assureurs en France qui viendra affecter les résultats sur l’exercice 2020 mais une reprise progressive de la rentabilité en 2021, à mesure que les conditions des affaires et de marché s’amélioreront.

Les bénéfices des compagnies positionnées sur l’assurance vie seront principalement affectés par les pertes de marché, les dépréciations et la baisse des revenus des contrats en unités de compte et des frais de gestion des actifs. Les taux de mortalité subissent des augmentations mais ces hausses seront limitées, estime l’agence de notation. En IARD, les assureurs subiront des pressions sur leurs revenus à cause de l’interruption de leurs activités et, à ce sujet, les décisions des tribunaux pour les polices sur mesure seront déterminantes. Les tarifs des nouvelles polices devraient augmenter, annonçant un durcissement du marché. Concernant l’assurance santé, Fitch anticipe un rattrapage de la consommation de santé en 2021, après la moindre consommation observée ce printemps, qui devrait aboutir à une légère détérioration de la rentabilité technique. En assurance construction, les bénéfices des assureurs devraient diminuer cette année à cause du ralentissement de l’activité dans le secteur de la construction.

Globalement, Fitch relève que « les sinistres et les pertes d’investissement résultant de la pandémie sont susceptibles d’être un événement de revenu mais pas un événement de capital pour le secteur français de l’assurance » car la capitalisation demeure robuste. Les assureurs français sont entrés dans la crise en position de force, car les bonnes performances des marchés financiers en 2019 et la nouvelle éligibilité de la provision pour participation aux bénéfices (PPB) au capital de Solvabilité II (S2) ont atténué l’effet négatif de la baisse des taux d’intérêt. De ce fait, les pertes d’investissement devraient pouvoir être absorbées, bien que les ratios sous Solvabilité 2 aient diminué de 20 % à 30 %  en moyenne fin mars. De même, les positions de liquidité des assureurs français sont solides, ce qui permet aux groupes de répondre aux exigences de liquidité à court terme.

Comme dans d’autres pays européens, les assureurs subissent des pressions politiques et sociales en vue de contribuer financièrement au soutien de l’économie. Ils y participent à travers des dons, des reports de paiements ou des baisses de prix sur certaines primes et interviennent à hauteur de 400 M€ au fonds de solidarité du gouvernement destiné à soutenir les pettes entreprises. Ces contributions ne devraient pas tendre les situations financières des assureurs.

Point d’attention noté par Fitch en assurance crédit : la forte détérioration attendue des résultats techniques en raison de la hausse des taux de sinistres due à l’augmentation des faillites d’entreprises. Pour l’agence de notation, la capacité des assureurs-crédit à réduire rapidement l’exposition au risque ainsi que les programmes de soutien public aux assureurs-crédit sont les deux remèdes pour faire face à la situation, aussi bien en France qu’en Allemagne et au Royaume-Uni.

Fort de ces observations, Fitch a revu à la baisse les perspectives du marché français de l’assurance non-vie en mars. Les perspectives de l’assurance vie étaient négatives avant la crise en raison des taux d’intérêt bas à négatifs.

Geneviève Allaire